Mécanique grippée du corps

Le plus difficile pendant ces longs et interminables jours de grippe, qui a duré environ 11 jours, c'est finalement l'absence de mouvement. Bon, ce n’est pas vraiment une surprise pour moi mais je vous raconte tout de même comment je l’ai vécu.

Pendant ces onze longs jours, mon corps était grippé comme un rouage qui ne voulait plus tourner, avancer, fonctionner.

Mon corps, pour consacrer toute son énergie à lutter contre le virus, a supprimé toute envie superflue. En consacrant toute mon énergie à la défense de mon système immunitaire, j’ai naturellement perdu l’appétit pour économiser de l’énergie qui serait consacrée à la digestion ainsi que toute envie de me mouvoir. 

Le plus terrifiant c’est l’absence d’envie, c’est de perdre l’envie même d’effectuer tout mouvement. 

C’est seulement 11 jours plus tard, quand mon corps a eu de nouveau un peu d’énergie disponible, que l’envie s’est réveillée et que j’ai été rattrapée par le manque immense de ne pas avoir bougé. 

Le mouvement sous toutes ses formes est très présent dans mon quotidien ; de façon parfois très simple : étirements, marche, renforcement musculaire, danse… Je ne parle pas ici des mouvements codifiés ou des postures de yoga, non, je parle du mouvement essentiel comme impulsion non contrôlée d’un corps qui s’exprime et qui vit.

Mes mouvements du quotidien en dehors des cours de yoga sont très instinctifs, ils ne suivent aucune règle. Ils sont inspirés évidemment de toutes les formes de danse que je pratique, du yoga, du sport, mais c'est avant tout un retour à ce que mon corps peut faire de plus simple.

Voilà, alors aujourd'hui mon corps s'est enfin dégrippé. Tous les petits verrous ont lâché pour laisser place de nouveau à la fluidité et à l’envie de mouvement.

Il est encore temps de vous souhaiter beaucoup de mouvements en 2025, de mouvements corporels et de mouvements émotionnels. Pour ma part, je vois la maladie comme des instants pendant lesquels les tensions et les émotions accumulées peuvent se relâcher. Cela marche dans les deux sens car les tensions qui durent nous affaiblissent ainsi que notre système immunitaire et nous rendent plus vulnérables aux virus. 

C'est un passage qui a été d'une certaine façon nécessaire pour aller vers plus de légèreté. Et ce « faux départ » en 2025 n’en reste pas moins, un départ. 

PS : intéressant de s’intéresser à la racine latine du mot “émotions” qui vient de “emovere” et qui veut dire mettre en mouvement. Les émotions sont des changements de notre état initial qui nous poussent à agir. Sans action, que deviennent les émotions lorsqu’elles stagnent ? Les blocages, notamment en médecine chinoise, sont interprétés comme des maladies naissantes. Si cela vous parle…

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