A l’écoute de soi, à l’écoute du monde

« Ecouter le monde, le vent et les montagnes, cela revient aussi à s’écouter soi même. »

A peine commence à se diffuser le concept d’écoute de soi, à peine commençons nous à ritualiser des pratiques qui nous permettent d’écouter nos émotions, de suivre nos envies, que déjà certains les fustigent et les mélangent avec un individualisme extrême afin de créer l’opposition avec l’écoute de la nature.

Je pense que l’écoute de soi - et non l’égoïsme - est oh combien nécessaire dans une société qui nous pousse à la sur performance et à en faire plus que ce que les capacités humaines ne peuvent supporter.

Pourquoi opposer, pourquoi diviser, pourquoi ne pas simplement faire cohabiter ?

Lorsque je donne des cours de yoga et de méditation, l’un de mes thèmes de prédilection est le regard vers l’intérieur et l’écoute de soi. Rien de très compliqué, rien de très spirituel non plus. J’invite les élèves à se poser, à s’assoir pour quelques minutes afin de se retirer de l’agitation extérieure dans le but d’accueillir leurs émotions, de faire le point sur leurs envies ou tout simplement de remercier les belles choses de leur journée.

Ces pratiques précédemment décrites, sont bien loin de nous couper du monde extérieur et de faire de nous des égoïstes. Au contraire, être bien soi même c’est avant tout être bien avec les autres. Regarder vers l’intérieur n’est pas un luxe réservé à quelques privilégiés, c’est une pratique accessible à tous qui évite que nous rendions la vie impossible aux personnes et au monde qui nous entourent..

Je lis pourtant parfois des philosophes qui s’accordent autour de citations comme celle-ci : « Au lieu d’écouter le monde, le vent et les montagnes, nous n’écoutons plus rien d’autre que nous même ». 

Je vois là une nouvelle façon d’opposer ce qui part d’une qualité plutôt louable, à savoir, apprendre à vivre avec nous même et avec notre esprit, celui à qui nous avons à faire du matin au soir. L’individualisme mis à part, nous sommes de toute façon toujours dans le monde et dans la nature, desquels en tant qu’être humains (à l’exception de quelques ermites), nous ne pouvons pas nous soustraire. 

Je suis en faveur d’une re connexion au monde, duquel la technologie nous coupe parfois. Il est vital que nous prenions chaque jour le temps d’écouter la nature, de sentir le vent, de contempler le ciel, que nous habitions en ville ou à la campagne. Il est tout aussi vital selon moi que que chaque jour nous puissions prendre le temps d’accueillir nos pensées et nos émotions. Trouvons l’équilibre entre ces deux pratiques qui ne vont pas l’une sans l’autre. 

En effet, l’écoute de la nature est toujours un retour à soi. Puisque nous sommes des animaux de ce monde, si nous écoutons la nature, in fine c’est à notre intériorité que nous sommes invités à revenir. Lorsque je contemple un paysage de montagne et que je fais le vide de pensées, il y a toujours un moment où je reviens à moi, où je sens une connexion à mon être. Alors je perds la notions du temps et je me sens ressourcée. Inversement, la connexion à moi même implique la connexion à la nature. Nombre de citadins perdent la connexion à la nature à force de parcourir des allées de béton et d’être déracinés au coeur de villes bruyantes et polluées. Ils risquent alors d’être aliénés par l’avidité, la jalousie et toutes les choses superficielles après lesquelles l’humain peut courir. Lorsque nous sommes en contact avec nous même et avec nos besoins naturels, cela nous permet de retrouver aussi le chemin d’une vie plus humaine, plus proche de la nature.

Je répondrais donc à la précédente citation, qu’écouter le monde, le vent et les montagnes, cela revient aussi à s’écouter soi même.

Lea carminati
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